Déclaration des droits des enfants présentant 
des troubles du comportement


Si nous ne commençons pas à faire ce qu’il faut avec les enfants présentant des troubles sociaux, émotionnels ou comportementaux, nous allons continuer à les perdre davantage. Faire ce qu’il faut n’est pas une option...c’est un impératif. Il y a des vies en jeu, et nous devons faire ce que nous pouvons pour s’assurer que ces vies ne soient pas perdues.


Les enfants présentant des troubles du comportement ont le droit :

- de voir leurs troubles du comportement reconnus comme une forme de retard du développement dans les domaines de la flexibilité/de l’adaptation, de la faible tolérance à la frustration, et de la résolution des problèmes.

- de voir les gens -- parents, professeurs, professionnels de la santé mentale, docteurs, aides...tout le monde -- comprendre que ce trouble du comportement est comparable aux formes de retard du développement qui entravent l'accès à la lecture, l‘écriture et l’arithmétique. Il mérite la même compassion et les mêmes approches que celles appliquées à ces autres retards cognitifs.

- de ne pas être incompris ni considérés comme mal élevés, gâtés, manipulateurs, recherchant de l’attention, coercitifs, testant les limites, cherchant à contrôler, ou manquant de motivation.

- de voir les adultes comprendre que les troubles du comportement apparaissent face à des problèmes spécifiques et non résolus -- les devoirs, le temps passé devant l’écran, le lavage des dents, le choix des vêtements, les échanges avec le frère ou la soeur, et ainsi de suite -- et que ces problèmes non résolus sont en général très prévisibles et peuvent donc par conséquent être résolus de façon proactive.

- de voir les adultes comprendre que le but principal d’une intervention est de collaborer pour résoudre ces problèmes de façon réaliste et satisfaisante de part et d’autre pour ne pas précipiter davantage les troubles du comportement.

- de voir les adultes (et les camarades de classe) comprendre que sortir l’enfant de la classe, les retenues, les renvois temporaires ou permanents, les punitions et l’isolement ne résolvent pas les problèmes. Cela ne “forge pas le caractère” mais plutôt souvent aggrave les choses.

- de voir les adultes s’intéresser sincèrement à leurs préoccupations ou à leurs regards sur les choses, et de percevoir ces derniers comme légitimes, importants, et valant la peine de les écouter et de les clarifier.

- de voir les adultes autour d’eux ne pas recourir à des interventions physiques et de se montrer experts dans la maîtrise d’autres moyens pour résoudre les problèmes.

- de voir les adultes comprendre qu’il faut résoudre les problèmes en collaborant-- plutôt qu’en insistant sur l’obéissance aveugle envers l’autorité.
- de voir les adultes comprendre que l’obéissance aveugle envers l’autorité est dangereuse, que dans la vie de tous les jours il est nécessaire d’exprimer ses préoccupations, d’écouter celles des autres, et de travailler pour trouver des solutions satisfaisantes de part et d’autre.

Ross W. Greene, Ph.D.